2025–2026 – Trêve des nouveautés phase #2
Toujours dans l’idée de souffler, de reprendre la main sur ses achats et de poursuivre le dialogue en interprofession et avec les lecteur·ices, l’association a invité les librairies et les bibliothécaires qui le souhaitent à se lancer elleux aussi dans « la trêve des nouveautés » en 2025–2026 et à sauter, décaler, oublier, privilégier, passer des offices ou des nouveautés.
Forte d’une première expérimentation concluante avec la première cohorte de libraires volontaires en 2024, l’association a proposé aux personnes intéressées de rejoindre le groupe des trêveurs et trêveuses, pour partager ressentis, enthousiasmes et questionnements.
Après trois années d’expérimentation en collectif, plus de 80 librairies trêveuses et une médiathèque participante, l’Association pour l’écologie du livre propose un second rapport pour revenir sur cette recherche-action. Avec une quinzaine de retours sur la trêve des nouveautés, une analyse, des pistes de réflexion ainsi que le regard de la philosophe Jeanne Guien sur celle-ci, l’association partage les conclusions de sa démarche.
Communiqué de presse rapport #2
lire l’appel à la trêve, phase #2
affichette à destination de la clientèle
Quelques liens utiles :
♦︎ Le rapport Aqoa : L’évolution des publications en France 2000 – 2025
♦︎ Webinaire sur la trêve des nouveautés
♦︎ ""On n’a plus le temps de lire"… Croulant sous les livres, ces librairies décrètent la trêve des nouveautés", 20minutes, Jérôme Gicquel, 18/01/2025
♦︎ « Anaïs Massola, libraire engagée pour l’écologie du livre, en faveur d’une »trêve des nouveautés"", France Culture, Juliette Pietraszewski, 31/01/2025
♦︎ Enregistrement des table-rondes 2024 et à venir 2026, aux Rencontres Nationales de la Librairie de Strasbourg et de Rennes
2024 – Trêve des nouveautés, phase #1
Entre janvier et juin 2024, l’Association pour l’écologie du livre a proposé une recherche-action aux libraires de France et de Belgique : la Trêve des nouveautés. L’objectif était de créer une respiration forte pour les librairies participantes, grâce à la mise à l’arrêt partielle ou totale des achats d’offices, et de proposer un espace de réflexion collective sur la dépendance de la librairie indépendante – et plus largement du secteur du livre – aux flux de nouveautés.
Le principe de cette recherche-action se basait sur un constat simple et partagé par l’ensemble de l’interprofession du monde du livre et de la lecture : une cadence de production de livres trop forte, un réel besoin de souffler, une nécessité de faire moins pour essayer de faire mieux et une réelle envie de retrouver de l’indépendance.
Car il s’agit plus largement d’une question de dépendance : dépendance aux flux de trésorerie, dépendance du temps de travail soumis aux offices, dépendances aux logiques hégémoniques des groupes éditoriaux financiarisés. L’angle de l’écologie du livre, en annonçant fermement la responsabilité collective d’une décroissance assumée, permet de rebattre autrement les relations entre la librairie et l’emballement de la production.
Dans un système qu’il est de plus en plus difficile de ne pas qualifier d’absurde, la trêve des nouveautés prenait la main en se qualifiant elle-même d’absurde. Or les expériences des librairies trêveuses ont montré une reprise de sens du de leur métier, une reprise en main des politiques d’achat et de son économie et la capacité à acheter moins… sans perdre de chiffre d’affaires, ni vendre moins. Finalement, rien de très absurde.