Illustrations : Lénon 💚
Vendredi 21 août
Vendredi
Vendredi après-midi, les participant·es sont arrivé·es à La Chapelle-Thouarault. Dans une ambiance mêlée de retrouvailles et de rencontres, sous une petite pluie introductive, iels ont installé leurs tentes au camping et visité le village avant les discours d’ouverture à 18h. Le mot d’ordre de cette soirée était « se nourrir » : présenter et partager en guise d’apéritif des bouts d’inspirations, de témoignages et de textes qui ont nourri ou nourrissent l’écologie du livre, les personnes et le collectif.
15h – 16h
Visite de la médiathèque municipale / tiers-lieu l’Empreinte
avec Cédric Fauconnier, responsable
16h – 17h
Visite de l’éco-hameau de la Chapelle-Thouarault : La Niche aux oiseaux
avec les élu·es de la commune
Le village de La Chapelle-Thouarault est particulièrement engagé sur les enjeux de culture et d’écologie. C’est pourquoi nous avons voulu laisser la parole aux élu·es et aux équipes de la commune vendredi après-midi, pour présenter aux participant·es deux projets phares du territoire : la nouvelle médiathèque et l’éco-hameau La Niche aux Oiseaux. Une bonne dose d’inspiration pour des participant·es venant de la France entière, qui ramèneront peut-être avec elleux quelques bouts d’idée de ce que l’on peut mettre en place dans une petite commune rurale en matière de politiques culturelles et de politiques d’aménagement écologique.
Accéder à la page web de L’Empreinte
En savoir plus sur La Niche aux Oiseaux
18h – 18h30
Ouverture des rencontres
avec l’Association pour l’écologie du livre
18h30 – 19h30
L’écologie du livre… et nous. Témoignages
avec l’Association pour l’écologie du livre
Pour ce temps d’ouverture du week-end, notre envie était de permettre à tous·tes les participant·es, y compris des personnes très éloignées des sujets d’écologie du livre voire complètement néophytes, d’appréhender rapidement et de manière sensible les engagements de l’association et des personnes qui la composent.
Ainsi, Mathilde Charrier, coordinatrice, a invité des membres de l’association – chacun·e une place singulière et une approche différente – à s’exprimer sur leur rapport à l’écologie du livre et de la lecture, mais aussi sur leur engagement et leurs questionnements au sein du collectif. Plutôt qu’un exposé sur le mode d’une conférence, ce temps s’est déroulé de façon intime, plus axé sur l’association en tant que collectif, et a permis de montrer la multiplicité des portes d’entrée qui ouvrent vers l’écologie du livre.
Lire le témoignage d’Anouk Lejczyk
20h – 21h30
Banquet poétique : ce qui nous nourrit
avec Michel Monestes, comédien & slameur (Bretagne) ; Valérie Briffod, guide & conteuse (IDF) ; Elio Possoz, auteur et directeur d’Arts Résonances (IDF / Occitanie)
22h – 23h
Bal surprise : initiation au galop nantais
avec Yvan Durêve, violoniste
La soirée du vendredi s’est poursuivie avec un banquet poétique. Pour ce faire, la salle des fêtes de La Chapelle-Thouarault avait été agencée en mode « cabaret ». Sur les tables, couvertes de nappes blanches, des menus poétiques avaient été placés. Au moment du repas servi à table par des bénévoles, nos trois artistes ont arpenté la salle, habillé·es en serveureuses et portant avec elleux une pile de livres posée sur un plateau rond. Tout au long de la soirée, iels sont passé·es entre les tables pour déclamer un ou plusieurs textes inscrits sur le menu poétique et commandés par les convives.
Sucré, salé, épicé, court, long, carré, chaque texte avait été choisi avec soin pour nourrir les participant·es d’ancrages politiques et de rêveries poétiques pour le reste du week-end, en soulignant au passage l’envie de partager la littérature aussi à travers des formes orales et vivantes.
La soirée s’est poursuivie à la suite d’une proposition spontanée d’Ivan Rajalu, alias Ivan Durêve, musicien de passage presque par hasard à La Chapelle-Thouarault armé de son violon, qui a initié les participant·es aux bases du bal trad’. Un grand moment de danse collective !
Retrouver les menus des poètes serveureuses
En savoir plus sur Yvan Durêve
Samedi 22 août
Samedi matin
Le samedi matin était consacré au partage de connaissances et de compétences de l’Association pour l’écologie du livre, à travers notamment des objets éditoriaux et des outils pédagogiques développés depuis plusieurs années par ses membres. Cette matinée a également permis de mettre en avant des sujets et des enjeux centraux qui guident la réflexion de l’écologie du livre : travail, matière, forêts, papier, interdépendances professionnelles, surproduction, droits culturels, bibliodiversité, écoconception, livre d’occasion… L’objectif de ce temps était de mettre tout le monde sur un pied d’égalité quant aux avancées de l’association sur ces sujets, pour avancer ensemble dans la même direction le reste du week-end.
9h30 – 12h30
Atelier du livre déchaîné : explorer les enjeux d’écologie du livre
avec l’Association pour l’écologie du livre
Un grand atelier du livre déchaîné s’est déroulé le samedi matin. Sur le modèle des fresques du climat et des résistances et selon les principes d’éducation populaire, il s’agissait de faciliter une compréhension de la complexité de l’écosystème du livre en s’appuyant sur les pensées de l’écologie, le tout dans une approche radicale (dans le sens où il tend à prendre les problèmes à la racine) et dans un positionnement ancré dans les réflexions écologistes, anticapitalistes, décoloniales, féministes et contre toutes les formes de dominations.
Après une introduction et une présentation du concept des trois écologies, l’atelier s’est déroulé en trois parties. Lors de la première partie, les participant·es ont tenté de nommer et de définir les grandes problématiques qui structurent le monde du livre. La deuxième partie consistait à positionner les différentes acteurices du monde du livre face à ces enjeux pour cerner les endroits où iels subissent et les endroits où iels peuvent agir. Enfin, la dernière partie permettait aux participant·es d’explorer les solutions possibles (existantes ou à imaginer) pour sortir de façon systémique de ces impasses.
Découvrir l’atelier du livre déchaîné
9h30 – 10h15
Pop conf’ – Récits forestiers
avec Anouk Lejczyk, autrice & forestière (IDF) & la Coopérative Dire le Travail
L’ouvrage Forestier·es coordonné par Anouk Lejczyk et édité par la coopérative Dire le travail propose une myriade de récits autour de la forêt par celles et ceux qui y travaillent. Pour certain·es, l’écriture n’était pas une évidence et ce moment d’échange a permis de parler du projet en lui-même, du rapport à la forêt et à l’écriture des personnes présentes et également de la conception du projet éditorial dans une dynamique écologique — de sa mise en page à son impression. Une plongée en paroles et en textes aussi érudite que sensible, personnelle qu’instructive !
(Re)écouter la pop conf’ Récits forestiers
Lire le résumé complet de la pop conf’
Lire le recueil Forestier·es
10h30 – 11h15
Pop conf’ – Surproduction & livre d’occasion, un autre regard sur le livre
avec Bruno Foligné, libraire – Abraxas Libris (Bretagne)
Cette pop conf’ est une plongée dans l’Histoire du livre et des librairies en plusieurs siècles, qui permet de (re)lire les enjeux de surproduction éditoriale sur le temps long. Une bonne occasion également de remettre à leur bonne place les libraires d’occasion, garants historiques de la bibliodiversité et réceptacles pas toujours ravis de cette surproduction : une manière de déplacer le débat sur l’épineux sujet du livre de seconde maint qui agite l’interprofession depuis quelques années.
(Re)écouter la pop conf’ Surproduction & livre d’occasion
11h30 – 12h15
Pop conf’ – Livre, droits culturels et territoire : histoire(s) d’un projet à la Grande Borne
avec Inès Hubert, éditrice & paysagiste, et Jean-Pierre Chrétien-Goni, auteur, metteur en scène et anthropologue (Auvergne-Rhône-Alpes)
Cette pop conf’ rendait compte d’un projet réalisé par l’association Réseau culture 21 à la Grande Borne, quartier de Grigny conçu dans les années 1970 par l’architecte Émile Aillaud comme une « Cité des enfants ». Son organisation spatiale, où foisonnent terrains de jeux, refuges et œuvres d’art, ont donné lieu à un vécu singulier de l’enfance.
En cheminant auprès des habitant·es et particulièrement des enfants pendant plusieurs années, dans une démarche de droits culturels, Réseau culture 21 a exploré l’histoire de ce quartier et d’une cinquantaine de personnes.
Ce travail a abouti entre autres abouti deux livres, objets précieux de transmission eux-mêmes devenus terrains de jeu pour se raconter : création d’une typographie avec les éléments architecturaux du quartier, élaboration d’un lexique collectif, écriture d’un conte dessinant une mythologie du territoire, etc.
(Re)écouter la pop conf’ Livre, territoire et droits culturels
Lire le résumé complet du projet
9h30 – 11h15
Atelier bibliodiversité : exploration de la médiathèque de La Chapelle-Thouarault
avec Cédric Fauconnier, responsable de la médiathèque L’Empreinte (Bretagne), Paméla Devineau, consultante et formatrice (Centre-Val-de-Loire) et Camille Lefebvre, formatrice en bibliothèque (Bretagne).
« Aujourd’hui, vous êtes des lecteurs-enquêtrices. Votre mission, si vous l’acceptez, est d’observer la bibliothèque avec un nouveau regard. Pendant quelques minutes, votre mission n’est pas de juger, ni d’expliquer, mais simplement d’observer. Essayez de suspendre ce que vous connaissez déjà et de porter attention à ce qui est présent mais aussi à ce qui semble absent. Tout ce que vous remarquez est intéressant. Cherchez à voir davantage. Une bonne enquête commence par de bonnes observations, pas par des réponses. »
Un atelier d’exploration des fonds de la bibliothèque l’Empreinte, sous l’angle de la bibliodiversité : dans les livres et les rayons observés, qui parle ? qui publie ? quels récits ? Comment aborder les enjeux de bibliodiversité en tant que lecteurice ? Et au sein d’une bibliothèque ? Un moment très riche qui a donné envie de développer cet atelier auprès de publics plus larges !
11h30 – 12h30
Atelier d’arpentage du Papier Déchaîné, la gazette de l’écologie du livre
avec l’Association pour l’écologie du livre et Anne Laborde-Allain
Une heure et demie pour découvrir les gazettes éditées par l’Association pour l’écologie du livre en compagnie de deux personnes de la « team gazette » de l’Association pour présenter le projet et d’une participante « surprise », spécialisée dans l’arpentage. Un moment pour expliquer ce qu’est arpenter et découvrir individuellement, puis collectivement, un bout de gazette restitué et partagé au groupe. Un moment simple et collectif dans le jardin de la médiathèque l’Empreinte, au milieu des arbres !
Samedi après-midi
À quoi ressembleront les livres post-pétrole, dans leur forme et dans leur contenu ? Nous nous sommes attelées à nous projeter dans un futur plus ou moins lointain pour imaginer des manières radicalement renouvelées d’écrire, de fabriquer, de partager les livres et les histoires… Pour finalement nourrir le présent.
14h30 – 17h
Atelier d’écriture d’écofictions
avec l’Association pour l’écologie du livre et Mathias Echenay – Éditions La Volte (IDF)
Lors de cet atelier en plusieurs étapes, les participant·es ont écrit des micro-nouvelles d’écofiction pour répondre au scénario suivant : « Nous sommes en août 2050. Vous faites partie de la commission livre du tout nouveau Ministère du futur transnational, en tant qu’expert·e du livre, de la lecture et de l’écriture. Votre mission est donc de réfléchir à la manière dont les idées et les imaginaires pourraient circuler de façon écologique, et comment ce rôle reconnu comme central pourra appuyer les transformations vitales que les autres commissions du ministère vont mettre en place. ». Les réflexions, questions et propositions qui ont émergé de cet atelier ont permis de se décentrer professionnellement, de reprendre du souffle et de nourrir les imaginaires individuels et collectifs, y compris ceux que l’association accumule maintenant depuis sept ans.
14h30 – 15h15
Pop conf’ – Métamorphoses des nouveaux récits de science-fiction : comment refaire communauté avec le vivant ?
Avec Margot Châtelet, chercheuse (IDF / Bourgogne FC) et DoctriZ, chercheuse en littérature comparée et streameuse (Bretagne)
De quelle façon les nouveaux récits de science-fiction proposent et imaginent des façons de refaire communauté avec le vivant ? Comment les cultures de l’imaginaire s’inscrivent dans ce paradigme écologique ?
Quant à la notion de « refaire communauté », il est question d’un vivre-ensemble qui s’extrait d’un point de vue anthropocentré, hétéronormé, validiste, occidental, colonialiste, capitaliste et patriarcal, le but étant de politiser les autres qu’humains en les réinscrivant dans des réalités sociales et corporelles situées.
(Re)écouter la pop conf’ Nouveaux récits de science-fiction
Lire le résumé complet de la pop conf’ et la bibliographie
15h30 – 16h15
Pop conf’ – Science-fiction, fantasy : technocritique, écologie… et comment développer des imaginaires égalitaires
avec Elio Possoz, auteur (IDF / Occitanie)
L’imaginaire du Progrès avec un grand P dans lequel on baigne en permanence, progrès conçu comme une flèche, comme une évolution inéluctable de la Civilisation allant de l’âge de pierre jusqu’à Space X, est-il inéluctable ?
Dans cette pop conf’ Elio Possoz a opposé cet imaginaire à celui de la fiction-panier d’Ursula Le Guin, qui arrive à proposer de nouvelles façons de faire récits, par exemple dans le registre de l’enquête, non plus policière, mais anthropologique. Le récit-panier s’ancre dans une conception de l’Histoire et de la société différente de celle du Progrès-Civilization-flèche-fusée, une conception plus attentive à la pluralité des façons de faire monde et notamment à celles égalitaires, non aristocratiques.
Elio Possoz a ensuite développé la réflexion sur l’importance des sciences humaines pour révéler et rendre visible ces pans de l’Histoire bien réels, qui offrent une lecture différente et nourrissent d’autres bases pour la construction de futurs plus égalitaires.
(Re)écouter la pop conf’ Développer des imaginaires égalitaires
15h45 – 17h15
Anatomie d’une chute (de papier) : atelier d’introduction à l’écoconception éditoriale
avec Fanny Valembois, autrice et consultante (Bretagne), et Elisabeth Maset, éditrice (IDF / Grand Est)
Un atelier participatif qui s’est appuyé sur les quatre leviers à activer dans une démarche d’écoconception appliquée à l’édition : réduire les quantités de matière première utilisée pour la fabrication des livres (…ou produire moins de livres !) ; améliorer la qualité écologique matériaux utilisés et des procédés de fabrication ; allonger la durée de vie des livres, notamment en leur assurant de nombreuses lectures ; et enfin, améliorer leur recyclabilité. Les éditeurices ont du pain sur la planche !
Lire Ceci n’est pas un livre vert de Fanny Valembois
14h15 – 15h30
Balade contée
avec Claire Rassinoux, conteuse (Centre-Val-de-Loire)
15h30 – 18h30
Atelier créatif – réemploi de livres oubliés
avec Coline Cabon, designeuse éditoriale (Pays de La Loire)
15h30 – 18h30
Atelier créatif – impressions typographiques
avec Les Traceuses et l’Atelier typo·graphique (Normandie)
15h30 – 18h30
Atelier créatif – fabrication de papier artisanal recyclé
avec Dominique Lagraula
15h30 – 18h30
Atelier créatif – reliure
Avec Manon Van Hooydonck
Tout au long du week-end et notamment le samedi après-midi, des ateliers créatifs étaient prévus, ainsi qu’une balade et une sieste contées. L’idée de proposer ces temps était de donner un aperçu, des pistes de chemins dessinés vers un livre post-pétrole : réemploi, méthodes artisanales de fabrication, oralité… Ces ateliers ont eu un très grand succès le samedi après-midi et le dimanche, offrant une respiration et des horizons solaires plus que bienvenus.
Samedi soir
Le samedi soir était un des points d’orgue du week-end, imaginé pour célébrer dans un moment festif les amitiés et l’énergie collective de l’Association. Joie militante, création de liens et poésie.
19h – 20h
Grand concours de lancer de livres
avec Célestine Traquenard, Pascal Interpro, Sami Valenwood et Anathilde Charlazan
Célestine Traquenard, envoyée spéciale pour la page sport de Livres Hebdo, a proposé à l’assemblée un grand concours de lancer de livres en trois manches, accompagnée d’un jury d’expert·es composé de l’éditorialiste Pascal Interpro, du célèbre auteur de l’ouvrage Ceci n’est pas un lancer de livre Sami Valenwood, ainsi que d’Anathilde Charlazan, coordinatrice de l’Association pour l’écologie du livre.
Ainsi, avoir fait une démonstration édifiante de l’art de lancer un livre, selon la méthode bien célèbre du Comité des bons conseils, des professionnel·les se sont affrontées sous l’œil intransigeant du jury et des critères d’évaluation bien précis : beauté du geste, qualité du vol, distance parcourue et atterrissage des livres jetés.
Des duels par métier ont ensuite été imposés : plus bel envoi de manuscrit pour les auteurices, plus beau lancement de livres pour les éditeurices, plus beau retour en carton pour les libraires, meilleur désherbage en rase-motte pour les bibliothécaires.
Le concours s’est terminé par une dernière manche collaborative peu concluante, les professionnel·les des différents métiers du livre ayant comme d’habitude beaucoup de mal à travailler ensemble vers un but commun.
Lire L’Art de lancer des choses du Comité es bons conseils
21h30 – 01h00
Bal Déchaîné & DJ set
avec Michel Monestes, Valérie Briffod, Elio Possoz et DJ Marvina (Bretagne)
Une fois la nuit tombée et le repas fini, les tables se sont poussées et la scène s’est éclairée. Les trois artistes ayant, la veille, servi des plats poétiques et des lectures à table étaient cette fois sur leur trente-et-un pour un spectacle aussi politique que sensible.
C’était le bal déchaîné. Le concept : 10 chansons entrecoupées de 10 textes. Chaque texte commençant par le dernier mot de la chanson précédente et terminant avec le premier mot de la suivante. Les textes, pour la plupart directement écrits par les artistes étaient autant d’invitations à danser, à se révolter, à faire la fête, à s’émanciper des carcans, à chanter dans le vent, ou à défaire un monde trop propre.
Entre chaque texte, des chansons étaient mixées par DJ Marvina, 10 brefs moments de danse comme autant d’avant-goût du DJ set qui arriverait à la fin du spectacle. Mais l’on retiendra surtout un moment en particulier : celui où, sur Wind of change des Scorpions, la foule entière s’est spontanément mise à danser un slow unique et collectif. Un moment de symbiose et de tendresse qui restera dans les mémoires.
Au bout de cette heure de lecture et de danse, DJ Marvina est restée seule sur scène pour faire danser la Chappelle Thouarault, sans interruption cette fois, jusqu’au bout de la nuit.
(Re)écouter la playlist du bal déchaîné
Découvrir le travail de DJ Marvina
Dimanche 23 août
Dimanche matin
Puisque l’écologie du livre n’a de sens que si elle est entremêlée avec d’autres luttes, le dimanche matin mettait à l’honneur des projets menés en réseau et/ou d’autres luttes faisant écho à celles de l’Association.
9h30 – 10h15
Pop conf’ – Alliances et retours d’expérience d’écologie du livre à l’international
avec Mathilde Charrier, coordinatrice de l’Association pour l’écologie du livre et libraire – Le Rideau Rouge (IDF)
Une pop conf’ participative pour réfléchir collectivement à ce que veut dire « l’écologie du livre » ailleurs qu’en France, Belgique et Suisse. A travers des exemples comme le Québec, le Maroc ou la Polynésie française, prendre le temps de se décentrer sur nos problématiques et de se situer pendant un moment ailleurs. Avec des retours de la maison Vent des îles sur place sur l’impression « locale » en Chine ou le désert des bibliothèques au Maroc, ce temps d’échange a permis de se rendre compte de la multiplicité des écologies du livre et de témoigner du travail de l’Alliance internationale de l’éditions indépendante.
(Re)écouter la pop conf’ Alliances à l’international
Accéder au site de l’Alliance internationale de l’édition indépendante
10h30 – 11h15
Pop conf’ – Vers des coopératives du livre et de la lecture ?
avec Mathieu Bouttin, coordinateur de l’Association pour l’écologie du livre (Occitanie)
Entre septembre 2025 et juin 2026, l’Association pour l’écologie du livre a mené une mission exploratoire autour des coopératives du livres et de la lecture. Deux mois après la clôture de la mission et la publication d’un rapport, cette pop conf’ était l’occasion de présenter publiquement les réflexions et les conclusions.
Elle s’est déroulée de façon assez simple : des micros et une parole tournante permettaient à chacun·e de poser ses questions ou de témoigner de son positionnement vis-à-vis des coopératives. Cette heure de discussion a été l’occasion de retracer le parcours intellectuel du groupe de travail dédié pendant cette année. Les grandes questions, les nœuds et les pistes à suivre ont été exposées et explorées.
Il ressort de ce moment d’échange que le sujet des coopératives reste porteur et capable de créer enthousiasme et engouement au sein de l’interprofession. À différents niveaux, de nombreuses personnes attendent que de telles initiatives se créent mais manquent de temps pour les mener elles-mêmes. Peut-être que ce genre de discussion pourra amener à la création de coopératives interprofessionnelles du livre. Quoi qu’il en soit, il ne fait toujours aucun doute que l’heure est à la coopération, au dialogue et à l’organisation des professionnelles pour une véritable écologie du livre.
(Re)écouter la pop conf’ Vers des coopératives du livre ?
Lire le rapport Coopératives du livre et de la lecture de l’association
11h30 – 12h15
Pop conf’ – Désarmer Bolloré & Éduc’ Nat’ contre Bolloré
avec les collectifs Désarmer Bolloré et EducNat contre Bolloré
Peut-on parler d’écologie du livre sans mentionner l’ennemi numéro 1, le fameux Vincent Bolloré ? Pour ce faire nous avons invité les collectifs Désarmer Bolloré et Educ’ Nat’ contre Bolloré :
« Notre intervention s’est attardée sur la stratégie que nous mettons en œuvre pour désarmer Bolloré, et les fondements théoriques qui la motivent. Critiquant une acception commune et confuse du concept de « bataille culturelle », nous avons rappelé que la bataille que nous menons contre l’extrême-droite est politique. En ce sens, contre l’offensive que Bolloré mène au moyen de la culture, nous opposons une réponse concrète : lui retirer l’accès aux infrastructures matérielles du discours.
De là, nous avons pu éclairer certaines de nos actions passées et futures : du boycott des manuels scolaires d’Hachette motivé économiquement, jusqu’au ciblage des contrats reliant la SNCF aux Relay, et en passant par la pression qui sera mise sur l’Arcom dès cet automne pour retirer sa fréquence TNT à CNews. »
(Re)écouter la pop conf’ Désarmer Bolloré & Éduc’ Nat’ contre Bolloré
9h30 – 12h30
Atelier – Fresque de la lecture
avec Florence Bianchi, de l’Alliance pour la lecture
Et les lecteurices dans tout ça ? Cela a-t-il encore du sens de bien faire des livres, si le lectorat continue de baisser ? Les enjeux de lecture et d’écologie de la lecture étant encore peu abordés politiquement et théoriquement au sein de l’Association, nous avons choisi d’inviter l’Alliance pour la lecture pour offrir une porte d’entrée aux participant·es sur ces enjeux, dont la représentante a animé un atelier d’investigation collective autour des chemins d’accès à la lecture.
Dimanche après-midi
Pour conclure le week-end, la programmation des dernières heures se devait d’être engageante, de proposer des suites pour rentrer en action, se mettre en mouvement seule ou à plusieurs.
14h15 – 15h30
Sieste contée 🧩
avec Claire Rassinoux, conteuse (Centre-Val-de-Loire)
Relire l’histoire de la grande fabrique de mots
14h – 15h30
Atelier – Guide de l’activiste autonome de l’écologie du livre
avec l’Association pour l’écologie du livre
L’objectif de l’atelier était de contribuer à la création d’un guide de l’activisme autonome de l’écologie du livre qui permettrait aux personnes de l’association ou leurs allié·es, dans leur milieu professionnel ou dans leur engagement personnel, d’avoir des outils d’activisme du quotidien.
Pour ce premier atelier, les participant·es ont été invité·es à actualiser et à adapter au monde du livre le manuel du sabotage simple, document produit en 1944 par l’OSS (ex-CIA) du gouvernement des États-Unis et déclassifié en 2008. Il y était plutôt question de désertions, sabotages simples, empêchements, grèves, gestes artistiques, etc.
Le résultat fut enrichissant et très drôle, avec une point de perplexité au regard du fait qu’un certain nombre de ces gestes de sabotage sont de fait déjà utilisés par les directions contre les salarié·es, dans des logiques de management toxique. Réflexion à prolonger donc !
Lire Sabotage simple, manuel de terrain
14h – 15h45
Atelier – Cartographies critiques, la beauté du geste
avec Frédéric Barbe, géographe – Éditions À La Criée (Pays de la Loire)
L’objectif de cet atelier était de réfléchir à comment s’emparer ensemble de la cartographie comme imaginaire foisonnant, folie partagée et mobilisation collective dans un processus d’édition directe. Autrement dit, comment faire nous-mêmes la ou les cartes dont nous avons besoin ?
L’atelier s’est appuyé sur la série cartographique portée par les éditions À La Criée et « partagée avec de nombreux groupes et personnes engagées dans des luttes dans le pays nantais mais aussi ailleurs. Ces cartes sont toutes différentes (sauf le format et le pliage), produites dans des processus singuliers et dans des échelles variées voire combinées, toujours efficaces dans des dialogues frontaux ou plus subtils (enquêter ensemble, faire partager, ouvrir des espaces de discussion, colorer et amplifier nos imaginaires joyeux, signifier des oppositions) (…) ».
Découvrir les cartes de À la Criée
16h – 17h30
Clôture : Le GAGe, Grand Atelier Général de l’écologie du livre
avec l’Association pour l’écologie du livre
« Quel moment du week-end, phrase, conversation, fou rire ou rencontre vous a particulièrement touché·e ? »
« Nous avons tous·tes des préoccupations d’ordre personnel, professionnel ou citoyen. Quel a été le moment pendant ces rencontres qui a fait le plus écho à celles-ci ? Il est possible de dire que vous n’en avez pas trouvé. Il est aussi possible d’en avoir découvert de nouvelles… »
Installations
Des installations ludiques, fixes, mobiles, poétiques…
Une sélection d’affiches autour du thème Le livre est-il écologique ? ; une expo Le cherche-et-trouve du colophon ; une petite bibliothèque de l’écologie du livre avec une sélection choisie de titres à consulter sur place ; un Bolloki, jeu inspiré du Möllki pour casser la tête de Bolloré de manière ludique et non-violente ; un confessionnal audio pour donner son avis ou déclamer des mots doux ; des petits textes à glisser dans Le Postillon ; un Cash-hole pour gagner plein de sous et le prix Goncourt ; un Monopolivre pour racheter toute l’édition française en deux coups de dés ; un Octopussy farfelu pour lire des textes aux oreilles des participant·es…
Espace de programmation libre
Tout au long du weekend, les participant·es pouvaient proposer, dans un espace dédié, des temps de présentation, d’atelier ou de discussion libre… liés à une histoire individuelle, un projet à naître, un retour d’expérience, une envie de prolonger une discussion. Conscientes que nous ne pouvions pas prévoir une programmation réunissant l’intégralité des enjeux de l’écologie du livre, nous avons voulu l’ouvrir en sachant que nous aurions avec nous des personnes passionnantes et talentueuses ! Pari réussi !
Présentation du média Rural, avec Pauline Roussel
Présentation du journal l’âge de faire, avec l’équipe
Présentation de la mallette des mondes du livre de Mobilis, avec Nolwenn Caillet
Présentation de Ceci n’est pas un livre vert, avec Fanny Valembois et Thomas Bout
Blind text, avec Elio Possoz et Lucie Heder
Atelier créatif – reliure, avec Manon Van Hooydonck ;
Atelier créatif – fabrication de papier recyclé, avec Dominique Lagraula